Comme un chef

Quatre étapes pour développer son intelligence organisationnelle

par Cara Cannella

Renie Cavallari a passé sa carrière à donner aux professionnels les outils nécessaires pour évoluer et transformer leurs entreprises. Elle propose ici quatre manières de développer son intelligence organisationnelle, mais aussi émotionnelle.

Temps de lecture : 4 min

LIRE CET ARTICLE


Lorsque Renie Cavallari entre dans l’ascenseur, elle est attentive aux personnes qui se trouvent avec elle dans cet espace de quelques mètres carrés. Plutôt que de regarder son téléphone, elle préfère établir un contact visuel avec ces personnes, leur demander comment elles vont et ce qui les amène en ville. Fondatrice et PDG de Aspire depuis plus de 20 ans, elle a pris comme habitude de créer des liens avec ses clients et au sein de leurs entreprises.

Basée à Phoenix, Aspire propose des conseils en marketing, leadership, stratégie et formation à l’attention des clients spécialisés en hôtellerie internationale et ceux gérant des boutiques hôtels. Plus d’un million d’employés bénéficient de ses programmes.

Couvrant des sujets allant de l’esprit d’équipe à l’alignement culturel, Renie Cavallari s’attache à aider les gens à développer l’atout qui rend les dirigeants meilleurs et les entreprises plus performantes : l’intelligence émotionnelle. Elle explique qu’un engagement émotionnel élevé au travail (même dans l’ascenseur) mène directement à l’intelligence organisationnelle, un facteur clé de différenciation dans le marché mondial concurrentiel d’aujourd’hui.

Pour stimuler la créativité et la résolution de problèmes au sein de votre entreprise, mais aussi en dehors, elle recommande de commencer par suivre les quatre conseils ci-dessous.

1. Commencer par un « oui »

Dans n’importe quelle équipe, il y a des personnes qui se trouvent à différentes étapes de leur vie et de leur travail, souligne Renie. Vous rencontrerez forcément des personnes réticentes, qu’elles appellent CAVE (pour « Citizens Against Virtually Everything », citoyens contre pratiquement tout).

Lorsque vous êtes confronté à une personne dont la position est par défaut axée sur le « non » (nous en connaissons tous), vous voudrez débuter la conversation avec votre esprit axé sur le « oui ». Impliquez les personnes qui emplissent la pièce de leur négativité en disant : « Je comprends que cela ne fonctionne pas pour vous . Quelle est la première chose à faire pour que ça marche ? » En reconnaissant ces personnes, Renie explique que vous pouvez les amener à une réflexion différente face à une situation perçue initialement comme un obstacle.

2. Privilégier la connexion plutôt que l’alchimie

Beaucoup de gens pensent que la connexion et l’alchimie sont la même chose, souligne Renie, alors que toutes deux sont bien distinctes. Quand il y a de l’alchimie, vous ressentez quelque chose en commun. C’est comme si vous partagiez le même rythme. Alors, que se passe-t-il quand vous n’avez pas la chance de ressentir cela immédiatement ?

Pour Renie, la réponse n’est pas de se dissocier ou de s’éloigner de la personne. Au lieu de cela, un manque d’alchimie donne l’opportunité de créer un lien significatif en portant davantage son attention sur l’autre personne et en découvrant qui elle est. Des liens solides permettent d’établir de meilleurs rapports et ces derniers engendrent la confiance. Mais ce n’est pas toujours facile d’y arriver.

Lorsqu’un nouvel employé arrive dans une entreprise, restructure les postes et les méthodes de travail établies, cela peut rompre les connexions ou les liens, dit-elle. La même chose est valable lorsque deux entreprises fusionnent. « Lorsque nous ne trouvons rien qui nous rapproche et nous connecte, qui nous permette de faire face aux craintes entre deux cultures, cela ressemble à de la résistance », déclare la PDG. « Vous devez volontairement créer un lien, une connexion pour établir les types de relations qui vous permettront ensuite de favoriser le changement. »

3. Avoir une communication claire

Plus la connexion est forte, meilleure est notre communication, affirme Renie, en faisant référence à sa relation avec le directeur des opérations d’Aspire. « Nous pouvons nous asseoir pour réfléchir à des problèmes complexes et être en désaccord total, mais trouver une solution facilement parce que notre connexion est solide », explique-t-elle. Ils travaillent très bien ensemble, en grande partie parce qu’ils utilisent une communication claire.

Communiquer clairement, poursuit-elle, c’est dire les choses telles qu’elles sont. La communication claire exige que le locuteur s’approprie également la manière dont ces mots sont reçus. La différence est subtile, mais importante.

« Dans le cadre d’une communication claire, si c’est moi qui parle, alors je suis responsable de transmettre clairement ce que je dis de manière à que mon auditoire puisse vraiment l’entendre », indique Renie en soulignant la difficulté de bien comprendre les nuances et sous-entendus complexes inhérents au langage. « Nous pensons souvent que les gens n’écoutent pas, mais peut-être que nous ne nous donnons pas assez de mal pour nous assurer qu’ils entendent bien. »

4. Créer une mentalité de choix

Bien que la PDG soit reconnaissante envers tous les grands mentors, hommes et femmes, qu’elle a pu rencontrer sur son parcours, elle pense que les femmes leaders doivent être plus engagées dans le combat pour le développement des autres femmes. C’est pour cela qu’elle a lancé une organisation de leadership pour les filles, Wings to Fly Summer Camp, qui a maintenant fusionné avec la fondation Girls Rule Foundation. C’est aussi la raison pour laquelle elle s’engage activement auprès des femmes par le biais du coaching et les articles qu’elle publie sur son blog. Elle donne aussi bénévolement des discours dans des organisations qui aident les filles et les femmes.

« J’ai toute une communauté autour de moi qui m’aide à avoir la vie que je veux », explique-t-elle. C’est une communauté qui l’aide à nourrir son sentiment personnel d’émancipation et qui encourage les autres à faire de même.

Pour Renie Cavallari, s’émanciper, c’est créer une mentalité de choix : Comment puis-je sortir du lot ? Comment puis-je être courageuse et avoir de l’audace, tout en restant bienveillante dans mon audace ? Pour elle, mettre les autres en valeur vous met en valeur en retour. Elle est vraiment touchée de voir ce type de collaboration entre des employés chaque jour.